samedi 29 octobre 2011

Et si on s'barrait sur une île pour la Toussaint ?



Oui, on étudie dans la zone Nord de Rio, au milieu des favelas. Oui, notre fac ressemble à un parking de 15 étages. 
Pourtant, parfois, il nous arrive de penser qu'on étudie dans la meilleure université du monde... Surtout quand elle nous offre un voyage de 3 jours sur une île paradisiaque ; soit disant pour visiter le centre de recherches environnementales de la fac coincé entre la jungle et la plage. Allons-y gaiement !

Lundi 17/10, 6h du matin, Maracana. Une bande de jeunes en sac Queschua attend le mini bus. J'ai bossé jusqu'à 1h30 du mat, et passé le reste de ma nuit à préparer mes affaires et lancer des contre-offensives aux moustiques... qui ont fini par gagner la bataille compte tenu du bouton sur ma paupière gauche qui me donne un délicieux air de borgne. Plus fraiche tu meurs. Après une heure d'attente sous la pluie, on réalise qu'ils sont partis sans nous car nous sommes arrivés à 6h03 au lieu de 6h. « Si on avait été en Allemagne à la limite, mais c’est quoi ce délire ? Depuis quand ils partent à l’heure au Brésil ? » « C’est mort moi j’vais pas en cours cette semaine ! On s’barre ché pas ou mais on s’barre ! » 

 Quelques minutes plus tard c'était réglé ; nous voilà tous embarqués dans le bus magique pour une semaine d'aventures et de franches rigolades les enfants ! 


En attendant le bateau pour Ilha Grande, sous la pluie.









Centre de recherche de l'UERJ sur l'environnement.




Pas très hôtel de luxe dans le style je vous l'accorde, mais vous vous attendiez à quoi ? Les nuits en dortoirs et les règles strictes (interdiction à tout homme d'entrer la chambre des filles) donnaient un ptit côté pensionnat de Chavagne, mais avec la bonne humeur brésilienne, ça passe crème. 

En route vers la jungle pour une petite rando (supposée facile)








Mercredi, nous quittons Ilha Grande déjà nostalgiques du petit bar de pêcheur à côté du centre, où on avait passé deux nuits à danser le forro et boire des coups avec tous les habitants du "village" ; jeunes et moins jeunes. Pourtant, on trouve vite du réconfort en pensant à notre prochaine destination : une grande maison sur une île privée près de Paraty. Un de nos amis, franco-brésilien, a grandi sur cette île avec ses parents, a étudié par correspondance, avant de débarquer en plein bouillonnement parisien à ses 13 ans. Autant dire qu'il connait la jungle comme sa poche... ce qui n'est pas forcément notre cas.

Bateaux de pêcheurs face aux favelas, Angra dos Reis

Notre chauffeur de taxi perso pour arriver sur l'île. 
Elevé au rang d'héros quand il a sauvé une amie -  deux doigts de tomber à l'eau, déséquilibrée par les packs de bière qu'elle avait en mains - 
mais notre admiration est vite retombée quand il a débarqué saoul dimanche soir, ce qu'il nous a valu un accident de bateau de nuit. Sans visibilité, on a foncé dans un petit bateau de pêcheurs ; le plus courageux d'entre nous a du sauter pour sauver un gamin de la noyade. 




De la terrasse de la maison. Notre grand jeu : leur donner des morceaux de bananes. 
Adorables ces ptites bêtes :) ! Ce qui n'était pas le cas des moustiques et surtout des fourmis énormes qui nous mordaient partout. Autant dire que la balade dans la jungle s'est vite transformé en une bande de gringos en train de crier sporadiquement, à chaque attaque de fourmi. 


Fleur de bananier


Paraty
Anciennement un des plus grands ports du Brésil (exportations des richesses minières du Minais Gerais), Paraty a su préservé son charme d'antant. Ses vieilles demeures du XVIIIème sont presques intactes ;  les rues sont pavées et interdites aux voitures...La ville a tout de même été classée monument historique national en 1966 puis patrimoine de l'humanité par l'Unesco ! 
Célèbre église de Paraty










Plage à Trindade, ancien village de hippies...








Le peuple élu, Trindade



Finie cette petite parenthèse de jungle, d'air pur, de tranquilité et d'authenticité. Finis aussi les barbecues sur les rochers face à la mer, les soirées bien arrosées autour d'un jeu de carte, les heures perdues dans les hamacs, les réveils en compagnie des "macacos"... 
Bref, finies les vacances.
 Bonjour l'agression citadine, les voitures et les mendiants... 
mais Rio ne t'en fais pas ; tu me fatigues parfois, mais je t'aime aussi ! 


samedi 15 octobre 2011

Moussica

Hey les coupains,
Désolée jvous ai un peu délaissés ces derniers temps, jespere que ça n a pas trop affecté votre moral mais j´me fais pas trop de soucis ;)
Javoue quentre le boulot intensif, les etudes, mon demenagement, la capoeira, la danse, le festival international du film a Rio, jai pas trop de quoi mennuyer.
Lundi, je pars en voyage pour une semaine, mais jai pensé a vous, et vous laisse en musique, avec quelques grands classiques brésiliens :


Jorge Ben Jor
Pais Tropical : http://www.youtube.com/watch?v=eoca1Jb33Ts
(Littéralement, jhabite dans un pays tropical :)
Menina mulher da pele preta http://www.youtube.com/watch?v=zZaEA2PEvas&feature=related


Monobloco
Beleza http://www.youtube.com/watch?v=O7_rs90OMK0
Do leme ao pontal http://www.youtube.com/watch?v=8HaxUIL-P5I&feature=related


Seu Jorge
Tive Razão http://www.youtube.com/watch?v=XwT2iiKeg1g
Carolina http://www.youtube.com/watch?v=I29dC0JdHco


João Gilberto 
A garota de Ipanema http://www.youtube.com/watch?v=DSJ5xZci9mI


Beijão



mercredi 28 septembre 2011

Guerilla Poubelle



La vie d’une poubelle en France…. n'est pas très funky. Les hivers sont rudes. La couleur est terne. Surtout, cette pauvre petite est bien délaissée… Bon, certes, y’a bien quelques jeunes qui passent à 4heures du mat’ en sortant du Do Mac (phénomène bien connu de la dalle post-cuite), et puis cette ptite vieille venue déposer de l’étron canin au petit matin… Mais qui vient prendre des nouvelles, voir ce qu’elle a dans les crocs jours après jours, à l’exception de Didier, le malheureux sans-abris du quartier ?
Personne.

Au pays du carnaval, la poubelle est orange, c’est nettement plus chouette. Et puis elle, au moins, a du passage, ambiance festive 24/24h assurée. La poubelle du centre de Rio voit les femmes d’affaires brésiliennes -  les ongles parfaitement vernis de la veille, tailleur et talons hauts - déposer leur café et les étudiants leurs canettes de bière ; tous les cadres et futurs cadres s’agitant autour d’elle en la récompensant régulièrement de quelques déchets. A la tombée de la nuit vers 6 heures, une toute autre rencontre se prépare. Clochards et adolescents des favelas envahissent les lieux, venant voir si la pêche du jour a été bonne. La poubelle de Rio n’est jamais seule. Mais il faut bien avouer que souvent, elle se sent assez inutile…incapable de répondre à la demande.  Elle est mignonne mais du haut de ses 50 cm, elle est clairement désarmée face aux montagnes de déchets formés à ses côtés.





Bon… là, vous vous dites surement… L'heure est grave, Manon fume beaucoup trop au Brésil. Beaucoup trop. Honnêtement, je n’aurai jamais eu l’idée d’écrire sur la vie d’une poubelle en Europe. Mais ici, les déchets font tellement partie du quotidien qu’il était difficile de passer outre, et sont – il me semble – à l’image du modèle brésilien de développement. N’ayant aucun contrat publicitaire de signé en ce moment, j’en profite pour ne pas vous offrir uniquement l’image du Copacabana-des-surfeurs, mais aussi celui des gamines de 10 ans, souvent noires et assez maigres je me permets de le dire, se jetant sur les déchets ( y compris les carcasses de viande ) du supermarché « Pao de Açucar » - construit en théorie pour ne subvenir qu’aux seuls besoins de la classe moyenne supérieure carioca. En pratique, il nourrit quelques autres malheureuses bouches. Mais les déchets sont plus que ça ici ; ils représentent à Rio une véritable industrie… et sont créateurs d’emploi.

Un gringo doit toujours se rappeler d’une chose ici ; SOYEZ ASSISTES ! Ce serait presque mal vu de ne pas l’être d’ailleurs. Si vous avez les moyens, ne faites pas à manger, une employée le fera pour vous. Ne faites pas le ménage, quelqu’un le fera pour vous. N’appuyez pas sur le bouton de l’ascenseur, quelqu’un le fera pour vous (oui, ce boulot existe. Rester toute la journée dans un ascenseur à appuyer sur des boutons). Ne mettez pas vos courses dans les sacs plastiques (l’heure de l’écologie n’a pas encore sonné), quelqu’un le fera pour vous. A une soirée à la fac, j’avais 1 canette de bière vide à la main, un pote brésilien a du me crier dessus : « Jette-la par terre ! » Deux minutes plus tard, elle était déjà ramassée dans un sac de recyclage. Ne pas trier les déchets donc, quelques brésiliens en feront leur moyen de subsistance.

En grossissant le trait, Rio, c’est une classe moyenne qui consomme, et une autre qui travaille pour elle, et trie ses déchets. C’est le Rio qui commence à accéder à un pouvoir d’achat vs. le Rio des favelas. Pourtant, il y a sans aucun doute un respect mutuel - voire une solidarité - entre ces deux catégories interdépendantes. Pour l’anecdote, quand j’étais accueillie par la famille brésilienne à mon arrivée, après un bon repas (fondue suisse accompagnée de vin rouge chilien), le père de famille préparait du pain/beurre pour que le gardien de nuit ait quelque chose dans le ventre.

Pour mieux comprendre tant les problématiques environnementales que sociales carioca, je vous invite à voir le documentaire de Lucy Walker, « Waste Land », qui les illustre à merveille.
 Voir gratuitement le film en ligne (anglais/portugais) :
  Il retrace l’expérience de Vik Muniz, artiste brésilien vivant à Nova Yorque, ayant transformé les déchets de Rio en œuvre d’art et quelques trieurs de déchets en star d’un jour. La première partie est un beau voyage au milieu d’un jardin carioca… le Jardim Gramacho ; plus grand tas de déchets d’Amérique Latine, et nous emmène à la rencontre de quelques « catadores », alors que la seconde met l’accent sur le travail artistique en lui-même. Initiative innovante. Le film a d’ailleurs été nominé aux Oscars… A noter : la critique du Monde vaut quand même la peine d’être lue : (http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/03/22/waste-land-spectaculaire-entreprise-d-autosatisfaction-sur-le-dos-de-la-misere-du-monde_1496564_3476.html).

Bon visionnage ! 

mardi 27 septembre 2011

Paqueta


Imagine une île au creux de la baie de Rio de Janeiro,

Imagine un havre de paix sous les palmiers, si calme que l'océan lui-même paraît être lac,
sur lequel d'immenses galets flottent harmonieusement  ;
Imagine une imposante chaine de montagnes traçant l'horizon bien au loin,
Imagine un lieu où seules charrettes et bicyclettes roulent doucement (trop chouette.)
Imagine des gamins ni mendiants ni trafiquants, simplement souriants
Imagine des notes de samba résonnant dans ton cœur
Imagine un jus de fruit de la passion … fait devant tes yeux avec amour,
Que cette douceur brésilienne ne s’arrête jamais…

Mais… imagine cette baie de Rio de Janeiro,
où usines répandent jour après jour de généreux déchets,
fruits non pas d'une passion, mais d'un capitalisme sauvage,
Imagine cet enfer noir menaçant violemment un bout de paradis blanc,

Bienvenus, mes amis,  à l’Ile de Paquetà.











dimanche 11 septembre 2011

Viens... Viens chercher bonheur dans mon jardin



De Santa Teresa au Jardin Botanique entre colocs...




"Me de um beijinho meu amor"







Pau est un bois brésilien... mais le mot est plus souvent utilisé pour qualifier l'organe génital masculin. 





Havre de Paix dans cette jungle urbaine

Diet à la brésilienne ou le trio Coca, Pastel, Brownie.

A tous les parents, si vous avez souffert de l'organisation de l'anniversaire de votre gamin,  épuisés par la chasse au trésor qui a fini en bataille de dragibus, pensez que vous, au moins, n'êtes pas obligés de vous déguiser en loup, ou en girafe, comme tous les autres parents présents.
Youyou toi


Les brésiliennes m'ont donné du boulot, vu qu'elles voulaient toutes une photo d'elles dans toutes les positions possibles et imaginables ici, puis là, puis là à coté, puis juste ici, sur le pont, et encore un petit click, click, click...







"Gaby, prends le tronc dans tes bras, et sens l'énergie positive de l'arbre, les ondes positives qu'il t'envoie... Tu te sens pas plus reposée maintenant?"



Dimanche 4 Septembre